Le Groupement des Entreprises de Madagascar (GEM) fait évoluer sa gouvernance. Réuni en session conjointe le 19 juin 2026, le Comité stratégique de la confédération patronale du pays, avec le Conseil exécutif, a approuvé le principe d’intégrer dix vice-présidents exerçant leurs fonctions « es qualité », en complément du premier vice-président déjà désigné conformément aux statuts de l’organisation.
Selo les explications fournies, cette réforme intervient dans un contexte où les organisations patronales sont appelées à jouer un rôle croissant dans le dialogue économique et social. En élargissant la composition de son bureau dirigeant à des représentants de secteurs stratégiques de l’économie malgache, le GEM cherche à renforcer la coordination entre ses membres tout en améliorant la prise en compte des enjeux spécifiques à chaque filière. Les nouveaux vice-présidents représenteront plusieurs organisations professionnelles influentes, notamment les secteurs bancaire, minier, touristique, industriel, numérique, du capital-investissement, de la construction, ainsi que l’entrepreneuriat féminin et les jeunes entrepreneurs.
"Cette diversité reflète la volonté du GEM de disposer d’une gouvernance plus inclusive et davantage alignée sur la structure réelle du tissu économique national", a-t-on également indiqué avant de noter que d’un point de vue économique, cette évolution pourrait contribuer à une meilleure circulation de l’information entre les différentes branches d’activité. Les entreprises évoluent aujourd’hui dans un environnement marqué par des défis multiples : accès au financement, compétitivité, transformation numérique, développement des infrastructures, attractivité des investissements et intégration aux marchés internationaux. Une représentation élargie des acteurs économiques pourrait favoriser l’émergence de positions communes sur ces sujets et renforcer la capacité du secteur privé à dialoguer avec les pouvoirs publics.
Cette réforme présente également un intérêt en matière de représentativité. Les organisations patronales sont souvent confrontées au défi de concilier les intérêts parfois divergents de leurs membres. En intégrant directement les présidents de plusieurs groupements sectoriels au sein de la gouvernance, le GEM entend améliorer la prise en compte des préoccupations spécifiques de chaque secteur tout en consolidant une vision collective des priorités économiques nationales. Toutefois, l’élargissement des instances dirigeantes comporte également certains défis. Une gouvernance plus large peut accroître la diversité des points de vue, mais elle peut aussi rendre les processus décisionnels plus complexes. "La réussite de cette nouvelle organisation dépendra donc de la capacité des différents représentants à coordonner leurs actions et à dégager des consensus sur les dossiers stratégiques", a commenté un industriel qui connait bien l'organisation.
Pour le GEM, il s'agit aussi de renforcer son rôle de premier interlocuteur du secteur privé malgache. Dans de nombreux pays, les organisations patronales jouent un rôle central dans l’élaboration des politiques économiques, en formulant des propositions relatives à l’investissement, à l’emploi, à la fiscalité ou encore à l’amélioration du climat des affaires. En consolidant sa structure de gouvernance, le groupement veut accroître sa légitimité et sa capacité d’influence sur ces questions. "Cette nouvelle architecture institutionnelle devrait favoriser une coordination efficace entre les principaux acteurs économiques du pays. Elle pourrait contribuer à renforcer sensiblement la cohérence des positions patronales et à soutenir le développement d’un environnement plus favorable à l’investissement et à la croissance", a-t-on aussi fait savoir.


