L’Institut français de Madagascar (IFM) accueille, du 8 septembre au 10 octobre 2026, l’exposition « Passerelle », consacrée aux œuvres d’Édouard Rajaona et de Richianny Ratovo. Placée sous le commissariat d’Hemerson Andrianetrazafy, cette exposition met en regard deux artistes appartenant à des générations différentes et aux parcours distincts. Elle propose ainsi un dialogue entre héritage et création contemporaine.
Le choix du titre résume l’ambition de la manifestation. Il ne s’agit pas de rechercher une similitude entre les deux démarches artistiques, mais de créer un espace de confrontation et de correspondance entre leurs univers. Le commissariat s’appuie précisément sur leurs différences de sensibilité et de pratique pour construire une lecture commune. Édouard Rajaona occupe une place particulière dans cette exposition. Décédé en janvier 2026 à l’âge de 75 ans, le peintre et sculpteur avait consacré plus de cinq décennies aux arts plastiques. Né à Betroka en 1950, il avait commencé sa formation artistique à la fin des années 1960 et développé au fil des années une œuvre principalement tournée vers les paysages, les scènes de la vie rurale et différents aspects du quotidien malgache. Sa pratique comprenait également la sculpture, notamment sur le bois et le granite.
Sa disparition donne à « Passerelle » une dimension particulière. La présentation de ses œuvres à l’IFM permet de replacer son travail dans une réflexion plus large sur la transmission et la mémoire artistique. En 2024, Rajaona avait notamment marqué ses cinquante années de carrière par une exposition à l’Alliance française d’Antananarivo. Face à cet héritage, Richianny Ratovo représente une génération plus récente de la création malgache. Plasticienne pluridisciplinaire, elle s’est distinguée au cours des dernières années par plusieurs reconnaissances, dont le Prix Paritana en 2021 et une médaille d’or en peinture aux Jeux de la Francophonie de Kinshasa en 2023. Elle a également représenté Madagascar à la 36e Biennale de São Paulo en 2025.
L’exposition établit ainsi un lien entre deux temporalités de l’art malgache. D’un côté, une œuvre construite sur plusieurs décennies et désormais inscrite dans la mémoire artistique du pays ; de l’autre, une démarche contemporaine qui participe au renouvellement des formes et des regards. Cette confrontation constitue l’un des intérêts de « Passerelle ». Elle permet au public d’observer comment des sensibilités différentes peuvent coexister dans un même espace d’exposition, sans que l’une soit présentée comme le prolongement automatique de l’autre. Le dialogue repose davantage sur la mise en regard que sur la filiation directe. Inscrite dans la programmation de l’IFM autour du thème « De mémoire et d’avenir », l’exposition interroge finalement la manière dont les œuvres circulent entre les générations. Jusqu’au 10 octobre, « Passerelle » offre ainsi au public l’occasion de découvrir ou de redécouvrir deux regards sur la création artistique malgache, réunis le temps d’un parcours commun.


