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QMM | En mode reprise à Mandena

Après plusieurs jours d’interruption, QIT Madagascar Minerals (QMM) a repris ses opérations sur le site de Mandena, à Tolagnaro, le 7 septembre dernier. Cette reprise intervient après la levée, le 30 août, des blocages qui avaient perturbé l’accès au site minier. Elle marque un retour progressif à l’activité, mais ne clôt pas le différend opposant l’entreprise à des agriculteurs d’Andranokana.


Après plusieurs jours d’interruption, QIT Madagascar Minerals (QMM) a repris ses opérations sur le site de Mandena, à Tolagnaro, le 7 septembre dernier.


La suspension des opérations avait été décidée fin août après plusieurs barrages établis sur la route menant à Mandena. QMM avait alors invoqué des préoccupations liées à la sécurité des employés, des partenaires et des prestataires, ainsi qu’à la libre circulation des personnes, des biens et des équipements. Avant la reprise, l’entreprise avait maintenu une équipe réduite sur le site afin d’évaluer les conditions opérationnelles et de préparer un redémarrage sécurisé. À l’origine des tensions se trouve un contentieux foncier et indemnitaire avec 27 agriculteurs d’Andranokana. Le différend porte sur les conséquences attribuées à la mise en place d’un seuil déversoir associé aux infrastructures de QMM et sur l’affectation de terres agricoles. Une décision de justice rendue en février 2026 avait ordonné le versement de dommages-intérêts aux agriculteurs concernés. Le 5 août, la Cour suprême a rejeté le recours de l’entreprise concernant l’exécution provisoire de cette décision, selon les informations rapportées par la presse locale.


La question des indemnisations demeure ainsi au centre du dossier. Le Collectif TANY, qui suit le contentieux, affirme pour sa part que les décisions judiciaires successives ont confirmé les droits des familles concernées et évoque un montant de 9,9 milliards d’ariary d’indemnités. Cette présentation relève de la position de l’organisation et intervient alors que la procédure judiciaire se poursuit. La reprise annoncée par QMM s’accompagne d’un appel au dialogue. L’entreprise a salué la mobilisation des autorités nationales et locales ayant contribué à créer les conditions du redémarrage et réaffirmé sa volonté de poursuivre les échanges avec les communautés et les différentes parties prenantes. Elle dit rechercher des solutions durables permettant d’assurer la continuité de ses opérations dans des conditions acceptables.


QMM, détenue par Rio Tinto et l’État malgache, exploite notamment de l’ilménite dans la région Anôsy. Le site est également associé au port d’Ehoala, par lequel les minerais sont exportés vers les marchés internationaux. La stabilité des opérations constitue donc un enjeu pour l’activité économique locale et pour la chaîne d’approvisionnement liée à l’exploitation. Selon un cadre de la compagnie qui a choisi de préserver son anonymat, la reprise constitue une première étape de retour à la normale, mais son caractère durable dépendra de l’évolution du contentieux et du dialogue entre l’entreprise, les communautés concernées et les autorités.