Les acteurs publics et privés de la région Atsinanana ont engagé une réflexion sur les conditions d’une relance économique susceptible de s’inscrire dans la durée. Réunis à Toamasina dans le cadre d’un atelier régional, ils ont examiné les principaux leviers permettant de renforcer la production, de stimuler l’investissement et d’accroître la création de valeur au niveau local.
Les échanges ont notamment porté sur les potentialités agricoles du territoire, l’accès à l’énergie, l’accompagnement des entreprises et les conditions nécessaires à l’émergence d’un modèle économique plus inclusif et résilient. L’objectif de la rencontre était également de mieux faire connaître l’offre régionale et les différents mécanismes d’appui disponibles pour les opérateurs. La direction régionale de l’Agriculture et de la Souveraineté nationale a ainsi présenté les possibilités offertes par les différentes filières agricoles de l’Atsinanana. La diversité des productions constitue un potentiel économique, à condition de renforcer les capacités de production, la qualité, la transformation et l’accès aux marchés.
La disponibilité de l’énergie a constitué un autre volet important des discussions. La direction régionale de l’Énergie et des Hydrocarbures a présenté les perspectives liées à la production et à l’accès à l’énergie dans la région. Pour les entreprises, cet enjeu dépasse la seule question de l’approvisionnement : il conditionne également les possibilités de transformation industrielle, de conservation des produits et, plus largement, la compétitivité des activités économiques. La Chambre de commerce et d’industrie de Toamasina a, pour sa part, présenté les dispositifs d’accompagnement destinés aux opérateurs. Le renforcement des capacités des entreprises, l’accès aux dispositifs d’appui et l’amélioration de leur environnement de développement apparaissent comme des conditions importantes pour permettre au tissu économique régional de mieux valoriser ses opportunités.
Le secteur privé a également apporté des propositions autour de l’approche du Territoire agricole durable (TAD), défendue par le groupe Faly Export. Ce modèle vise à articuler amélioration de la production agricole, compétitivité, développement rural et préservation des ressources naturelles. L’approche repose notamment sur la qualité des productions, depuis la sélection des semences jusqu’à l’accompagnement des exploitants dans l’amélioration de leurs pratiques. Le recours au suivi numérique des exploitations et des productions doit, dans cette perspective, contribuer à renforcer la traçabilité et la transparence des chaînes de valeur. Le principe avancé consiste à faire en sorte que l’accroissement de la valeur générée par les filières bénéficie également aux producteurs et aux territoires. Cette orientation peut notamment se traduire par des initiatives relevant de la responsabilité sociétale des entreprises, dans des domaines tels que la sécurité alimentaire, le stockage, les infrastructures rurales, la santé ou encore l’éducation.
La préservation de la biodiversité constitue un autre axe de cette approche territoriale. L’idée défendue est de mieux articuler les activités agricoles avec la conservation des écosystèmes, afin de renforcer la résilience des exploitations et la durabilité de la production. La santé des sols, la disponibilité des ressources naturelles et l’équilibre des écosystèmes peuvent en effet influencer directement les rendements et la capacité des filières à faire face aux aléas. L’approche TAD entend ainsi associer producteurs, collectivités territoriales, organisations locales et autres parties prenantes autour d’une vision de long terme. Au-delà de la seule performance agricole, elle cherche à inscrire le développement économique dans un cadre territorial plus large.
Les échanges de Toamasina ont finalement mis en évidence l’interdépendance entre agriculture, énergie, infrastructures, transformation, environnement et développement des entreprises. Selon un observateur qui connait bien les forces et faiblesses de la région, l’enjeu réside désormais dans la capacité à coordonner les initiatives publiques et privées et à traduire les orientations discutées en projets concrets. "La valorisation durable des ressources régionales dépendra autant des investissements mobilisés que de la capacité des différents acteurs à agir de manière complémentaire sur les chaînes de valeur et les conditions de développement du territoire", a-t-il ajouté.


