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FINANCEMENT DES INFRASTRUCTURES | La Grande Île mise sur l'AIIB

La 11e Réunion annuelle de la Banque asiatique d’investissement pour les infrastructures (AIIB), ouverte ce lundi à Doha, au Qatar, place les infrastructures au cœur des enjeux de financement du développement. Sous le thème « Les infrastructures de demain : impact et innovation », les travaux mettent notamment l’accent sur la mobilisation de capitaux, la préparation des projets et l’adaptation des investissements aux impératifs climatiques et technologiques. 


La 11e Réunion annuelle de la Banque asiatique d’investissement pour les infrastructures (AIIB), ouverte ce lundi à Doha, au Qatar, place les infrastructures au cœur des enjeux de financement du développement. Sous le thème « Les infrastructures de demain : impact et innovation », les travaux mettent notamment l’accent sur la mobilisation de capitaux, la préparation des projets et l’adaptation des investissements aux impératifs climatiques et technologiques.


Pour le gouvernement malgache, ces orientations présentent un intérêt particulier alors que le pays doit encore renforcer ses réseaux de transport, sécuriser son approvisionnement énergétique et améliorer sa connectivité régionale. Dans son discours d’ouverture, la présidente de l’AIIB, Zou Jiayi, a présenté les grandes lignes de la deuxième décennie de l’institution. La Banque vise une progression significative de ses financements annuels, avec un objectif d’environ 20 milliards de dollars à l’horizon 2030, contre un niveau actuel sensiblement inférieur. Cette montée en puissance doit s’accompagner d’une évolution de son mode d’intervention : participation plus en amont à la préparation des projets, accompagnement accru des pays emprunteurs, mobilisation de financements privés et diversification des instruments disponibles.


Le recours à des financements en monnaie locale figure notamment parmi les pistes évoquées. Pour les pays confrontés aux risques de change, cet instrument peut constituer un levier supplémentaire dans le montage de projets de long terme. L’AIIB entend également concentrer davantage ses interventions sur les énergies renouvelables, la résilience climatique, la transformation numérique et les infrastructures favorisant la connectivité régionale. Le portefeuille concernant Madagascar donne une première mesure de cette coopération. Plusieurs opérations, à différents niveaux de préparation ou d’exécution, représentent un volume cumulé pouvant atteindre 353,28 millions de dollars de concours de l’AIIB.


Possibilité de bonification du taux d’intérêt

Le Programme de transport multimodal et de logistique constitue l’un des principaux dossiers. Il prévoit un financement AIIB de 100 millions de dollars, associé à un concours de 200 millions de dollars de la Banque mondiale. Le projet couvre plusieurs modes de transport — routier, ferroviaire, maritime, fluvial et aérien — dans huit régions. Son objectif porte notamment sur l’amélioration de l’efficacité des réseaux, de leur sécurité et de leur résistance aux effets du changement climatique. Madagascar dispose également d’un accès potentiel au Special Fund Window de l’AIIB. Ce mécanisme peut permettre une bonification du taux d’intérêt allant jusqu’à 100 points de base, sous réserve d’une demande officielle des autorités malgaches. Dans un contexte où le coût du financement constitue un élément déterminant de la viabilité des grands projets publics, les modalités financières prennent une importance comparable au montant des prêts mobilisés.


Le Projet d’aménagement de corridors et de facilitation du commerce II illustre cette dimension régionale. Il bénéficie d’un prêt de 83,28 millions de dollars de l’AIIB et vise à améliorer les liaisons de Madagascar avec les marchés de l’Afrique australe et les économies insulaires de l’océan Indien, notamment Maurice, La Réunion et les Seychelles. L'amélioration des corridors doit faciliter les échanges commerciaux tout en créant de meilleures conditions pour les investissements et le développement du tourisme. Les besoins ne se limitent pas aux transports. Dans le secteur énergétique, le projet hydroélectrique de Volobe, d’une capacité envisagée de 120 MW, prévoit également une participation de 100 millions de dollars de l’AIIB dans son plan de financement. La mobilisation du complément nécessaire au bouclage financier reste toutefois un enjeu.


La résilience climatique constitue un autre axe de coopération. Dans le cadre du Projet régional pour la résilience climatique – Havelo Mandrare, l’AIIB s’est déclarée disposée à porter sa contribution à 70 millions de dollars, notamment pour accompagner des investissements liés à la RN13. Le financement demeure cependant soumis aux procédures nationales, la question du caractère non concessionnel du prêt étant notamment prise en considération. "Ces dossiers montrent que, pour Madagascar, la question n’est pas uniquement de disposer de ressources supplémentaires pour financer ses infrastructures. Elle porte également sur la capacité à préparer des projets suffisamment solides sur les plans technique, économique, environnemental et financier pour attirer plusieurs bailleurs et, lorsque cela est possible, des investisseurs privés", a-t-on également fait savoir.



La délégation malgache présente à Doha est conduite par le ministre de l'Economie et des Finances, Dr Herinjatovo Aimé Ramiarison. Ce dernier a souligné que ce rendez-vous  s’inscrit dans une perspective plus large que celle d’une réunion institutionnelle. Il intervient alors que le pays cherche à accroître ses capacités de transport, diversifier son mix énergétique et réduire sa vulnérabilité climatique. La capacité à transformer ces priorités en projets financés, soutenables et exécutables constituera l’un des principaux enjeux de la coopération avec l’AIIB au cours des prochaines années.