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POLITIQUE MONETAIRE | BFM justifie les ajustements



Dans le cadre de la revue trimestrielle de la politique monétaire, le Comité monétaire de Banky Foiben’i Madagasikara (BFM), a décidé que les taux des facilités permanentes (corridor des taux d’intérêt) sont ajustés à compter du 3 août 2022. Ainsi, le taux des facilités de dépôt est relevé à 6,90 % et le taux des facilités de prêt marginal porté à 8,90 %. Quant au coefficient des réserves obligatoires, il sera maintenu à 13,00 %.

Selon le comité, la récente hausse des prix du carburant, à la suite de l’augmentation du prix de baril de brut enregistrée sur le marché international, en conjonction avec la guerre en Ukraine et la persistance de la pandémie COVID-19, engendre pour Madagascar une pression accrue sur les prix locaux. Dans une telle conjoncture, la régulation de la demande globale à travers le relèvement des taux d’intérêt sur le marché monétaire constitue une mesure contribuant à la maîtrise de l’inflation.

BFM a ainsi ajusté les taux des facilités permanentes en vue de contenir les anticipations d’inflation tout en préservant le potentiel de croissance par le financement de la production. Le suivi rapproché de l’évolution de la situation économique nationale et internationale permettra d’ajuster à tout moment le niveau des instruments de politique monétaire le cas échéant.

Selon toujours BFM, les pressions inflationnistes présentes depuis plusieurs mois ont continué à peser sur l’économie. Les conséquences de l’augmentation des prix du brut sur le marché international, la guerre en Ukraine et la persistance des effets de la crise pandémique, engendrent pour Madagascar une pression accrue sur les prix locaux. Et le contexte économique pour les prochains mois sera tributaire du déséquilibre entre l’offre et la demande globales de biens au niveau international, à cause notamment des chocs climatiques et des difficultés encore présentes sur les chaines d’approvisionnement.

La banque des banques tient aussi compte d’une possible résurgence de la pandémie de Covid-19 et de ses contrecoups, notamment en Chine avec sa politique de « zéro Covid ». Sans oublier les incertitudes liées à la guerre en Ukraine et de l’impact sur les prix de l’énergie et sur les produits céréaliers, de la hausse quasi-généralisée de l’inflation à travers le monde et des risques de récession évoqués au niveau de plusieurs pays. BFM a ainsi relevé les taux des facilités permanentes en vue de contenir les anticipations d’inflation tout en préservant le potentiel de croissance par le financement des activités productives. Le suivi rapproché de la situation économique nationale et internationale permettra d’ajuster à tout moment le niveau des instruments de politique monétaire le cas échéant.


Incertitudes mondiales

BFM justifie également les ajustements apportés au niveau de la politique monétaire du pays en se basant sur les données économiques récentes. Il est noté qu’à fin juin 2022, la croissance annuelle de la base monétaire a été de 15,9 %, contre 7,4 % à fin 2021 et 10,8 % à fin 2020. A fin mai 2022, le glissement annuel de la masse monétaire (M3) a été de 14,8 %, après avoir été de 12,2 % à fin 2021 et de 12,1 % à fin 2020. Sur les cinq premiers mois de l’année, M3 a enregistré une hausse de 989,7 milliards d’ariary (+6,2 %), soit presque le double de l’expansion observée sur cette même période en 2021 (+544,6 milliards d’ariary ou +3,8 %). 




Cette augmentation de M3 est attribuable à la hausse des Créances nettes sur l’Etat du système bancaire, des autres créances nettes5 et des avoirs extérieurs nets (AEN) du système bancaire. En revanche, les crédits à l’économie (CE) ont accusé un léger recul. En termes annuels, la croissance des crédits bancaires a été de 21,4 % à fin mai 2022, contre 19,6 et 14,3 % respectivement à fin décembre 2021 et fin décembre 2020. Sur la base de ces chiffres, BFM estime que les contraintes et autres incertitudes, refrénant l’économie mondiale pendant le premier semestre de 2022, vont certainement persister sur la seconde moitié de l’année, voire jusqu’en 2023. Les perspectives mondiales établies par le FMI (IMF/WEO du 26 juillet 2022) sont des plus pessimistes. 

Il est aussi souligné que l’économie mondiale, qui ne s’est pas encore remise de la pandémie et de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, fait face à des perspectives de plus en plus sombres et incertaines ». De ce fait, après un taux de 6,1 % en 2021, la croissance mondiale serait réduite à 3,2 % en 2022 et à 2,9 % en 2023. L’inflation devrait perdurer à 6,6 % dans les pays avancés et 9,5 % dans les pays émergents et les pays en développement en 2022, soit une moyenne mondiale de 8,3 %. Ces prévisions intègrent notamment les conséquences de la politique « zéro COVID » de la Chine, du conflit en Ukraine et des sanctions contre la Russie, ainsi que des restrictions de politiques monétaires en vigueur au sein des banques centrales de plusieurs pays développés et émergents. Pour le moment, bien que quelques voix s’élèvent, aucune prévision ne table sur une récession mondiale à court terme.


Perspectives économiques

Concernant la trajectoire que devrait emprunter l’économie malgache, BFM note que la production agrégée devrait poursuivre sa progression en 2022, dans le sillage de la reprise économique entamée en 2021. Selon les révisions des projections macroéconomiques de la Loi de Finances Rectificative 2022 (LFR 2022), la croissance du PIB devrait s’établir à +4,3 % en 2022, après également +4,3 % en 2021. Cette croissance serait essentiellement tirée par le secteur secondaire (prévu croître de +8,7 %), et la reprise vigoureuse des activités touristiques (+11,7 % après -60,3 %). Le secteur agricole progresserait également de +3,8 %, contre +0,3 % en 2021. De même, le redressement de l’investissement public à 9,5 % du PIB (soit 4,3 points de mieux qu’en 2021) et l’amélioration des exportations nettes (passant de -10,2 à -9,3 % du PIB) étayeraient la croissance.




Toutefois, la persistance de l’inflation et les incertitudes sur l’évolution des prix mondiaux de l’énergie et des denrées alimentaires risqueraient de mitiger ces perspectives. Le contexte international occupera une place non négligeable dans la détermination de nos échanges et paiements extérieurs. Le pays bénéficierait notamment de l’embellie au niveau des exportations de nickel et de cobalt, stimulées par la demande de batteries électriques. Dans le même sens, le dynamisme des exportations des « entreprises franches » devrait se poursuivre. La situation sanitaire mondiale montre des signes d’amélioration, ce qui offrirait un renouveau pour le secteur voyage. En ce qui concerne les IDE, la croissance du secteur minier favoriserait de nouveaux flux d’investissements nécessaires à leur exploitation. 

Au niveau des finances publiques, la LFR2022 se base sur un déficit, base caisse, de -6,2 % des OGT pour l’année 2022. Ce chiffre tient notamment compte de la révision des recettes fiscales intérieures et de l’exécution des dépenses attendues pour le reste de l’année. Le TPF serait de 11,6 % pour cette année, contre 10,4 % sur l’année 2021. Le financement extérieur net du déficit s’élèverait à 3,6 % du PIB et le financement intérieur net à 2,6 % du PIB. L’Etat compte lever des fonds sur les titres publics et recourir à des avances statutaires auprès de BFM. Pour financer la relance économique, l’Etat envisage également de mobiliser des ressources mises à disposition par le FMI. 

Compte tenu de ces perspectives macroéconomiques, la tendance à l’accélération de la masse monétaire pourrait perdurer jusqu’à la fin de l’année. La croissance annuelle de M3 pourrait atteindre 19,0 % en 2022. L’expansion de la masse monétaire prévue en 2022 serait essentiellement tirée par la progression des crédits bancaires, par les effets expansifs des opérations de l’Etat ainsi que par la reconstitution des avoirs extérieurs nets du système bancaire. Cette accélération, sans une reprise attendue de la production, est à même de créer des pressions à la hausse sur le niveau général des prix. Toutefois, à part les facteurs monétaires, d’autres facteurs non monétaires, déjà évoqués précédemment, exacerberaient les pressions inflationnistes.
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