La modernisation des infrastructures aéroportuaires et le renforcement des compétences figurent parmi les priorités annoncées par Aéroports de Madagascar (Adema). La société, chargée de la gestion de 56 aéroports et aérodromes dans le pays, entend adapter ses installations et ses équipes aux exigences croissantes du transport aérien.
Plusieurs projets de rénovation et d’extension sont envisagés, tandis que des formations sont engagées pour améliorer les capacités opérationnelles du personnel. Dernièrement, à l’occasion d’une réception organisée pour marquer la sortie d’une première cohorte de 17 agents du service d’information de vol d’aérodrome (AFIS), le directeur général d’Adema, Jean Germain Andrianiaina, a précisé les orientations de l’entreprise. L’un des objectifs consiste à permettre à certains aéroports régionaux d’accueillir des vols directs et des appareils effectuant des liaisons long-courriers, sans imposer un passage systématique par Antananarivo.
« Étendre et rénover au moins un des dix aéroports principaux » figure parmi les ambitions annoncées par le dirigeant. La réalisation de cet objectif dépendra toutefois des études techniques, des financements disponibles et des besoins opérationnels propres à chaque plateforme. Les premières démarches sont déjà engagées. Le 2 octobre, Adema a lancé un appel à manifestation d’intérêt portant sur la conception et les études relatives à l’extension et au réaménagement des terminaux passagers des aéroports de Toliara et de Toamasina. Ces deux plateformes pourraient contribuer à améliorer la capacité d’accueil des voyageurs et à soutenir le développement des dessertes régionales.
En mai, la société avait également annoncé l’octroi par la Banque mondiale de 45 millions de dollars pour la première phase d’un programme de modernisation concernant trois aéroports pilotes : Toliara, Toamasina et Taolagnaro. Parallèlement, une étude de faisabilité consacrée aux investissements et au développement des dix principaux aéroports, également financée par la Banque mondiale, a été engagée. Ces initiatives s’inscrivent dans une perspective plus large de renforcement de la connectivité aérienne à Madagascar. Des infrastructures adaptées peuvent faciliter l’accès aux régions, soutenir le tourisme et améliorer les conditions de déplacement. Mais leur impact dépendra aussi de la capacité des compagnies à développer leurs dessertes et de la viabilité économique des lignes envisagées.
La modernisation ne concerne pas uniquement les équipements. La sécurité des opérations repose également sur la qualification des agents chargés de fournir les informations nécessaires à la circulation aérienne. Les 17 agents récemment formés à l’École nationale de l’aéronautique et de la météorologie (ENEAM) ont bénéficié d’un recyclage destiné à actualiser leurs compétences. Les agents AFIS transmettent notamment des informations sur les conditions météorologiques, l’état des pistes, le vent et le trafic aérien sur les aérodromes. Selon Jean Germain Andrianiaina, cette première vague concerne 17 des 35 agents en exercice. Les autres doivent suivre la formation à leur reprise de poste. Adema indique également avoir procédé à de nouveaux recrutements afin de renforcer sa présence sur l’ensemble du territoire et de mieux répondre aux exigences de sûreté et de sécurité.
Le directeur général attribue en outre la reprise des formations à l’amélioration de la trésorerie et de la gestion de l’entreprise. "Cette évolution constitue un signal favorable pour la poursuite des investissements. Elle devra néanmoins se traduire dans la durée par des moyens suffisants pour entretenir les installations, former les équipes et concrétiser les projets annoncés. Pour Adema, membre actif d'Airports du Council International Africa(ACI Africa), l’enjeu est désormais de transformer ces orientations en améliorations tangibles pour les aéroports et leurs usagers et de s'arrimer aux normes requises", a commenté pour sa part Jean-Charles Martin, spécialiste du transport aérien et observateur averti de l'évolution de l'écosystème aéroportuaire dans l'océan Indien et l'Afrique australe.


