Type Here to Get Search Results !
FLASH
DEVISES

PROJET « FORESTS4FUTURE » | La FAO et la GIZ s’allient



L’Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et l’Agence allemande de coopération internationale (GIZ) ont décidé de collaborer étroitement pour mieux lutter contre la déforestation à Madagascar dans le cadre du projet « Forests4Future : donner un avenir aux forêts » (F4F).

Quatrième île du globe par la taille, Madagascar abrite l’un des écosystèmes les plus diversifiés de la planète, avec des centaines de milliers d’espèces de faune et de flore dont 85 pour cent ne se trouvent nulle part ailleurs. Neuf de ces espèces uniques sur 10 vivent dans les forêts. Et sans les forêts, elles ne survivront pas. Or Madagascar a l’un des taux de déforestation les plus élevés du monde. Une vaste superficie de sa forêt naturelle a été défrichée – 45 pour cent rien que dans les 60 dernières années.

L’Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et l’Agence allemande de coopération internationale (GIZ) ont joint leurs forces à celles du pays pour remédier à cette situation dans les régions septentrionales de Diana et Boeny. Le projet « Forests4Future : donner un avenir aux forêts » (F4F) a pour but de restaurer les forêts et les paysages et d’améliorer la gouvernance forestière d’ici à 2026. Ce projet est financé par le Ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ) et mis en œuvre par la GIZ, et il travaille en collaboration avec le Mécanisme forêts et paysans (FFF, d’après l’anglais Forest and Farm Facility) siégeant à la FAO.

« Autrefois, la région de Diana était verte, il y avait de riches forêts comportant des essences indigènes et des espèces de cacaoyers introduites », déclare le facilitateur FAO du FFF Herizo Rakotoniaina (Photo). « Le Diana était autrefois une zone humide. Mais maintenant le paysage de la partie nord de l’île est sévèrement dégradé. » Philippe Bamigbade, chef du projet de la GIZ « F4F Madagascar », est du même avis. « Madagascar était appelée l’Île verte », dit-il. « Mais quand on la regarde du ciel, elle n’est plus verte. Elle est rouge - couleur caractéristique de son sol improductif. Elle est en train de devenir de plus en plus rouge. »

C’est un cercle vicieux qui a conduit à cette situation. Les populations locales brûlaient les forêts pour défricher des terres à des fins agricoles. Elles y pratiquaient des monocultures, ne plantant qu’un seul type de production. Au bout d’une courte période, cela épuisait les sols, les rendements diminuaient, et les agriculteurs abandonnaient leurs parcelles et se déplaçaient, répétant le même schéma dans une zone voisine. Ils brûlaient également des arbres pour produire du charbon de bois illégal destiné à une vente rapide.

Restaurer 4 millions d’hectares de forêts

Avec le temps, les paysages dégradés et les sols pauvres ont aggravé les effets du changement climatique. Les précipitations ont diminué et les saisons sont devenues irrégulières. Cela a entraîné une ultérieure dégradation des terres et une chute du rendement des cultures, ce qui a amené les agriculteurs à ne compter plus que sur la production de bois de feu pour gagner de quoi vivre, tout en détruisant d’autres forêts au cours du processus.




La croissance démographique est aussi un problème. Les régions du sud et du sud-est de Madagascar font face à l’insécurité alimentaire et à la famine, après les sécheresses de la dernière décennie. De plus en plus de personnes sont poussées à émigrer du sud vers les régions plus fertiles du nord pour survivre, exerçant ainsi encore plus de pression sur les terres, les forêts et les systèmes alimentaires, et entraînant souvent des conflits.

Il y a toutefois de bonnes nouvelles. Madagascar s’est engagé au titre de l’Initiative pour la restauration des paysages forestiers en Afrique (AFR100) à restaurer 4 millions d’hectares (ha) de paysages forestiers d’ici à 2030. Le projet F4F, qui célèbre maintenant son second anniversaire, appuie le Gouvernement en vue de répondre à cet engagement. Au cours des deux dernières années, le projet F4F a ainsi restauré 285 ha de paysages forestiers, notamment des mangroves. Cela devrait contribuer à réduire l’érosion du sol, améliorer la biodiversité et accroître la disponibilité d’eau.

Priorité à l’agroforestière

Par ailleurs, le FFF, un partenariat entre la FAO, l’Institut international pour l'environnement et le développement (IIED), l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) et AgriCord, collabore avec 4 000 petits producteurs forestiers et agricoles malgaches afin d’incorporer des éléments de foresterie dans les pratiques agricoles. Les producteurs ont ainsi établi des pépinières, cultivant des espèces d’arbres plus résilientes face au changement climatique, qui sont utilisées dans les campagnes de reboisement. Le FFF a également appuyé les femmes et les jeunes, les aidant à créer leurs propres pépinières et à produire des plants forestiers et des fruits destinés à la vente.

Le projet F4F, qui promeut une approche agroforestière, est aussi en train d’expérimenter le développement d’autres chaînes de valeur arboricoles, dans le but de diversifier les revenus des petits producteurs. Ainsi, le bambou, le ratan, la vanille, la mangue, la noix de cajou, la soie sauvage de mangrove et le moringa seront introduits auprès des producteurs pour générer des revenus supplémentaires et contribuer à la sécurité alimentaire. Le projet se propose d’augmenter en moyenne de 25 pour cent le revenu de 5 820 ménages.

Le travail qui sous-tend le projet F4F part de la base territoriale, avec l’amélioration des plans de gestion pour restaurer les fonctions écologiques et de production des paysages dégradés, puis l’appui aux moyens d’existence des communautés locales impliquées dans le processus participatif.


Les attitudes changent

Le Mécanisme forêts et paysans et le projet F4F développent aussi des campagnes de sensibilisation en vue d’amener à un changement de mentalité, encourageant à favoriser une diversité des cultures et des produits agricoles et forestiers. Ils facilitent également la résolution des litiges, afin d’atténuer les conflits croissants concernant l’utilisation des terres. Localement, il semble que les attitudes sont en train de changer. À Sadjoavato, une ville de la région de Diana, les habitants ont planté des arbres sur 60 ha de terrain.

« Les communautés locales ont fait revenir la biodiversité », constate Philippe Bamigbade. « Le sol est en train de devenir plus fertile. Les récoltes se sont améliorées. Ils ont réussi à ajouter des arbres fruitiers, des manguiers, des anacardiers ». Le maire, une agricultrice du nom de Georgette Zalifa Ousseny, lui a dit: « Nous n’avons pas de mine d’or ni de saphirs ou de rubis. Nos diamants, ce sont nos forêts. Elles sont en train de changer nos vies ».

Certes, la nécessité d’intensifier les efforts de restauration demeure. Si la tendance actuelle à la dégradation des terres et au déboisement n’est pas inversée dès à présent, il est inévitable que les conditions de famine du sud se répandront vers le nord. Pour faire la différence, il faut renforcer les partenariats en faveur de la restauration intégrée des forêts et des paysages, augmenter les financements aux communautés locales, œuvrer davantage à la prise de conscience et au développement d’activités génératrices de revenu, et travailler au renforcement des capacités.

Il n’y a cependant pas de solution à court terme. Cela pourrait prendre 30 ans pour que les attitudes changent complètement et plus de temps encore pour que Madagascar redevienne l’Île verte qu’elle était autrefois.
Tags

Enregistrer un commentaire

0 Commentaires
* Please Don't Spam Here. All the Comments are Reviewed by Admin.